Ce n'est pas encore le bout du tunnel pour Sarah Zaknoun, 19 ans, et Céline Faye, 20 ans, mais certainement le début d'un espoir. Ces deux Bisontines ont été condamnées pour trafic de drogue et sont emprisonnées en République dominicaine depuis 2008. A 9 000 kilomètres de leurs proches. Dans quelques mois pourtant, Sarah et Céline pourront purger leur peine de prison en France. Et cela grâce à la convention signée vendredi à Saint- Domingue par le secrétaire d'Etat français à la coopération, Alain Joyandet, et le procureur général de la République dominicaine, Radhames Jimenez. Une convention réciproque entre les deux états qui va permettre aux prisonniers français et dominicains d'effectuer leur peine dans leur pays. Elle concerne pas moins de dix-neuf détenus français et une trentaine pour la République dominicaine. Et ne sera pas automatique. « Les demandes devront être faites individuellement », nous indiquait hier le secrétaire d'Etat français à la coopération avant de reprendre l'avion.
Mais avant son application, l'accord va être soumis aux parlements des deux pays pour ratification. La convention n'entrera en vigueur qu'après ces signatures, « normalement pas avant un an, courant 2010 », précise Alain Joyandet, qui insiste : « Il n'est pas question de remettre en question la justice dominicaine. »
Une fois la convention applicable, les détenus français pourront donc être transférés dans leur pays où ils purgeront leur peine. « En France, nous avons un système de remise de peine, ce qui n'est pas le cas en République dominicaine qui a un système de liberté conditionnelle bien différent », poursuit Alain Joyandet, qui s'est rendu au centre de détention de Rafey où sont incarcérées les deux jeunes Bisontines.
Si le secrétaire d'Etat se refuse à juger le fond du dossier, il a voulu leur rendre visite dans une « démarche humanitaire ». « J'ai eu un long tête-à-tête avec elles et j'avais des messages à leur apporter », confie-t-il avant d'ajouter : « Je les ai trouvées dans un état psychologique moyen. Selon les jours, elles vont mieux ou moins bien. Mais elles sont dans une prison de femmes dite modèle. Cette convention va leur permettre de se rapprocher de leur famille. C'est ce que nous voulons pour tous les prisonniers français et dominicains. »